Supporters of Nicolas Maduro and late Hugo Chavez hold posters with their images

Les États-Unis annoncent leur intention d’administrer temporairement le Venezuela et d’exploiter ses ressources pétrolières après la destitution de Maduro

CARACAS / WASHINGTON. À la suite d’une opération militaire audacieuse menée de nuit, au cours de laquelle le président vénézuélien Nicolás Maduro a été capturé puis expulsé du pays, le président américain Donald Trump a déclaré que Washington entendait prendre temporairement le contrôle du Venezuela et exploiter ses vastes réserves de pétrole à des fins d’exportation.

Selon Trump, les États-Unis souhaitent « stabiliser la situation », remettre en état les infrastructures pétrolières et assurer une « transition du pouvoir sûre et réfléchie ». Il a souligné que cette opération devait servir d’avertissement à tous ceux qui, selon lui, menacent la sécurité américaine.

Maduro et son épouse ont été arrêtés sur une base militaire, puis transférés à bord d’un navire de guerre américain avant d’être acheminés à New York. L’ancien dirigeant a ensuite été remis aux autorités fédérales. Il devrait être détenu dans une prison fédérale de Brooklyn dans l’attente de son procès. Le département américain de la Justice accuse Maduro et son entourage d’avoir participé à une « conspiration de narco-terrorisme » et à un vaste trafic de drogue.

Cette opération marque l’aboutissement de plusieurs mois de pression de l’administration Trump sur Caracas et constitue, selon de nombreux observateurs, l’action américaine la plus musclée en faveur d’un changement de régime depuis l’invasion de l’Irak en 2003. Sa légalité est toutefois immédiatement remise en question, l’intervention ayant été menée sans l’approbation du Congrès.

Au Venezuela, la Cour suprême a désigné la vice-présidente Delcy Rodríguez comme présidente par intérim. Celle-ci avait auparavant affirmé considérer Maduro comme le seul dirigeant légitime du pays et exigé sa libération.

Dans la nuit de l’opération, des explosions ont retenti à Caracas, accompagnées de coupures d’électricité et de survols d’avions à basse altitude. Les autorités vénézuéliennes ont accusé les États-Unis d’avoir frappé des installations civiles et militaires. Des morts sont signalés parmi les militaires et les civils vénézuéliens, tandis que Washington a confirmé des blessés parmi ses forces, sans pertes humaines.

La réaction de la population a été contrastée : à Caracas, certains ont manifesté contre l’arrestation de Maduro, tandis que d’autres ont célébré sa chute. À l’étranger, notamment en Floride, des membres de la diaspora vénézuélienne sont descendus dans les rues, brandissant des drapeaux nationaux et scandant des slogans en faveur de la « libération ».

La légalité de l’action américaine est désormais examinée au niveau international : à la demande de la Colombie, le Conseil de sécurité de l’ONU prévoit une réunion d’urgence. Aux États-Unis, des élus du Congrès réclament des explications immédiates sur les fondements juridiques de l’opération et sur les plans de Washington pour assurer la stabilité régionale.

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