Церковное пение

Nous nous préparons à Pâques
Par Marina Kochetova

Le jour de la lumineuse Résurrection du Christ est la principale fête chrétienne. Chaque année, la date de Pâques est différente. Selon le rite de l’Église, c’est le calendrier lunaire qui détermine le jour exact où sera célébrée Pâques, tant chez les catholiques que chez les orthodoxes.

La Pâque orthodoxe est toujours le premier dimanche suivant la pleine lune qui survient après l’équinoxe de printemps. Une condition est toutefois essentielle : la Pâque chrétienne est célébrée après la Pâque juive (Pessa’h). Cette année, Pessa’h commencera le soir du 1er avril et durera jusqu’au 9; les catholiques fêteront Pâques le dimanche 5 avril. Quant à la Pâque orthodoxe, elle tombera le 12 avril.

Tout office chrétien — et un office festif plus encore — est accompagné de musique vocale. Contrairement au culte catholique, l’office orthodoxe n’admet pas d’accompagnement instrumental, car tout instrument, à la différence de la voix humaine, est une création des mains de l’homme. Le chant est une composante essentielle du service religieux. En accompagnant l’action sacrée, il lui donne solennité et dispose l’esprit et le cœur à l’élévation priante.

L’histoire du chant liturgique plonge ses racines dans la plus haute antiquité. Du point de vue religieux, le chant, tout comme la parole, sert à exprimer des sentiments élevés de vénération envers Dieu. Jadis, le chant était populaire et collectif : tous les paroissiens réunis pour prier chantaient ensemble. Le chant d’église moderne est plus professionnel et comprend trois grandes directions : l’obikhod (chants liturgiques quotidiens simples), les œuvres d’auteurs (des tout premiers compositeurs de l’Église aux compositeurs contemporains), ainsi que les mélodies traditionnelles et leurs variantes, dans des arrangements réalisés par nos contemporains.

Le chant dans le temple est une partie intégrante — et sans doute l’un des plus beaux attributs — de l’Église russe. Il est difficile de trouver quelqu’un qu’il puisse laisser indifférent. Car même les non-croyants sont fascinés et apaisés par la polyphonie a cappella (c’est-à-dire sans accompagnement) : elle met dans une disposition priante, puisqu’elle permet de ressentir instantanément la réalité d’un monde spirituel vivant.

Le chant à l’église ne se limite pas à reproduire fidèlement une belle mélodie. On ne peut pas chanter sans âme : il faut sentir la musique de tout son être! Pour, par la magie de la voix, guider les personnes sur le chemin véritable, il ne suffit pas d’avoir un don particulier : il faut aussi développer son talent jusqu’à maîtriser librement tout un arsenal de compétences spécifiques. C’est pourquoi le chant liturgique n’est pas un métier, mais un grand art. C’est une activité collective qui correspond au développement de la culture vocale, forme et affine les capacités créatives des personnes de tout âge. Ce n’est pas une répétition mécanique de mots appris par cœur, mais un processus étonnant de maîtrise d’un instrument musical unique, créé par le Créateur Lui-même : la voix humaine. À Ottawa, il y a plusieurs églises orthodoxes russes. Venez écouter. Le chant choral exerce en effet une forte influence sur la sphère émotionnelle : il développe l’imagination, active la pensée et, enfin, procure un plaisir esthétique!