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À Ottawa, un concours de récitation a été organisé à l’occasion du 130e anniversaire de la naissance de Sergueï Essénine

Auteur : Olesya Boudarova

À l’école russe du centre culturel et éducatif « Rodnik », où étudie ma fille, s’est déroulé un événement marquant : l’étape scolaire du concours pancanadien de récitation consacré au 130e anniversaire de la naissance de Sergueï Essénine.

Pour moi, y participer a été un honneur tout particulier : l’invitation à faire partie du jury de la succursale de Nepean a réveillé de précieux souvenirs. Jadis, dans un autre pays et à une autre époque, j’avais moi-même remporté un concours semblable avec le célèbre poème Lettre à une femme. Cette expérience personnelle m’a permis de regarder les prestations des enfants non seulement comme juge, mais aussi comme personne sincèrement amoureuse des vers d’Essénine.

Le jury était véritablement inspirant. Avec moi, les prestations des participants ont été évaluées par Polina N., poétesse au sens très fin du langage, et par Askar U., mon compatriote, un homme au talent artistique rare. Pendant les pauses entre les groupes d’âge, alors que nous faisions les comptes, la salle se figeait : Askar, s’accompagnant à la guitare, interprétait des chansons sur des poèmes d’Essénine et d’autres auteurs. Sa voix profonde, douce et enveloppante créait une atmosphère étonnante où musique et poésie se fondaient en un tout.

Le concours a réuni trois catégories d’âge :

Groupe des plus jeunes (6 à 8 ans) : Tous les enfants de ce groupe étaient élégants, concentrés et remarquablement appliqués. Les plus petits ont été notre grande surprise. Malgré leur trac, ils ont récité avec une telle sincérité et une telle émotion qu’il nous a été difficile de choisir les gagnants. Alex H., de la classe de russe langue étrangère (RLE), a fait une impression particulièrement forte. Avec son père, il a préparé un décor pour le poème Les Étoiles et l’a récité avec tant de naturel et de sensibilité qu’on aurait cru que le russe était sa langue maternelle. En réalité, il est le seul élève de toute l’école à être né et à grandir dans une famille non russophone, et ses parents ne parlent pas russe. Alex n’a commencé à apprendre le russe qu’il y a quatre mois et, bien qu’il n’ait pas obtenu la première place, il n’a en rien cédé à ses concurrents russophones.

Groupe intermédiaire (9 à 10 ans) : Les participants ont ici choisi des œuvres plus complexes. La gagnante incontestée a été Anastasia K. : son expressivité et sa compréhension profonde du texte ont conquis tous les membres du jury sans exception.

Groupe des aînés (11 à 13 ans) : Ce fut la partie la plus intense du concours. Les adolescents ont déjà montré un véritable talent d’acteur. Selon notre avis commun, la prestation la plus éclatante fut celle de Yuval B. : son interprétation se distinguait par sa maturité et sa maîtrise de la scène. La lutte pour les deuxième et troisième places a été si serrée que le sort des prix s’est joué littéralement à un seul point.

Ce concours est devenu une véritable célébration de la culture russe. Voir la jeune génération qui grandit au Canada découvrir Essénine grâce aux enseignants et aux parents remplit le cœur de joie et d’espoir. Une reconnaissance toute particulière revient à Marina Kochetova, enseignante de russe langue étrangère. Son travail avec des enfants qui commencent tout juste à apprendre le russe suscite l’admiration : si nous n’avions pas su qu’il s’agissait d’une classe de RLE, nous ne l’aurions jamais deviné tant leur élocution était claire et assurée.

Bien sûr, cette fête n’aurait pas été possible sans le soutien des parents et le travail minutieux des organisateurs. Merci pour votre dévouement et pour le lien vivant que vous préservez avec vos racines. Puissent de tels événements, qui rassemblent nos enfants et nous-mêmes autour du véritable art, se multiplier. Nous souhaitons plein succès aux lauréats de l’étape scolaire lors de la prochaine étape !

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