Un billet pour le ballet
Par Lada Chernova, élève
Marina Kochetova est connue des habitants d’Ottawa comme professeure de langue russe et journaliste. Mais tout le monde ne connaît pas sa passion pour le ballet. Cet amour est si grand qu’il ne se limite pas au simple fait d’assister à des spectacles. Chez elle, elle possède une vaste collection insolite de souvenirs liés au ballet. C’est de cela dont nous allons parler aujourd’hui.
Lada Chernova : L’amour pour quelque chose n’apparaît jamais sans raison. Il faut toujours un élément déclencheur. Quand avez-vous compris pour la première fois que vous aimiez le ballet ?
Marina Kochetova : Dès que j’ai assisté à un ballet pour la première fois ! J’avais seulement cinq ans lorsque ma mère m’a emmenée au théâtre — et pas n’importe lequel, mais le Bolshoi Theatre à Moscou pour voir Swan Lake. Et pas n’importe quelle représentation : le rôle principal était interprété par la grande Maya Plisetskaya. Mais celui qui m’a le plus impressionnée fut le Prince, interprété par le légendaire Alexander Godunov, sans doute l’un des plus beaux danseurs de tous les temps. Ma mère avait placé la barre très haut dès le début.
L.C. : Depuis ce moment, combien de ballets différents avez-vous vus et combien de fois chacun ?
M.K. : Presque tous les ballets classiques — plusieurs dizaines au total. Certains, je les ai vus de très nombreuses fois. Par exemple, j’ai vu The Nutcracker dans différentes versions et différents théâtres plus de soixante-dix fois au total. Même les professionnels du ballet ne peuvent pas toujours se vanter d’un tel record.
L.C. : Votre amour du ballet est donc né dès l’enfance. Mais vous ne faites pas que regarder des spectacles — vous collectionnez aussi des souvenirs de ballet. Comment cette collection a-t-elle commencé ?
M.K. : Avec le programme de ce fameux Lac des cygnes. Sur la couverture figurait une photo de Maya Plisetskaya et Alexander Godunov dans un adagio. À cette époque, mon père fabriquait lui-même des meubles. Il a reproduit cette image agrandie sur la porte d’une armoire avec la technique de la pyrogravure. Chaque matin, en ouvrant les yeux, je voyais ce couple élégant de danseurs. Cela s’est profondément ancré dans mon subconscient.
L.C. : Pourquoi gardez-vous cette collection ? Avez-vous un objectif particulier ?
M.K. : Question intéressante… Mon objectif est de profiter de la beauté. C’est pourquoi je m’en entoure ! Même mon horloge est sur le thème du ballet : au lieu d’aiguilles, elle a des jambes de ballerine.
L.C. : Votre collection est immense. Combien de souvenirs de ballet possède-t-elle ?
M.K. : Je ne les ai jamais comptés. Je pense qu’il y en a plusieurs centaines ! Je possède non seulement des figurines, des poupées, des porte-clés et des broches, mais aussi des coffrets, des tableaux, des brochures et des enregistrements de ballets. J’ai également de nombreux livres, des photos rares, des affiches et des pointes autographiées par des stars mondiales du ballet, dont certaines sont devenues des connaissances personnelles avec lesquelles je communique régulièrement.
L.C. : Tant que ça ?! D’où viennent-ils tous ?
M.K. : De différentes sources : des amis, des boutiques de théâtre et de nombreuses connaissances. Je ne fais pas qu’admirer le ballet — j’écris aussi à son sujet comme journaliste. Pas seulement des articles : deux des six livres que j’ai écrits sont consacrés au ballet. Comme enseignante, j’ai donné des cours de russe langue étrangère à des danseurs d’Angleterre, de France, du Brésil et du Japon. Alors, si je peux dire ainsi, la quantité s’est transformée en qualité. Un de mes proches amis danseurs m’a même offert des éléments de son costume de scène cousu par les costumiers du Mariinsky Theatre il y a quarante ans !
L.C. : Mais une collection aussi grande demande beaucoup d’espace et de temps. Vous n’en avez jamais assez ?
M.K. : Comment pourrait-on se lasser de quelque chose qu’on aime sincèrement ? Bien sûr que non. Au contraire, je ne peux pas imaginer ma maison sans objets liés au ballet, sans parler des sacs et des vêtements — des T-shirts aux vestes. Le ballet m’inspire. Chaque objet lié à cet art provoque en moi une tempête d’émotions positives et de merveilleux souvenirs. Le ballet est depuis longtemps devenu une partie essentielle de ma vie.
L.C. : Une question me vient à l’esprit : avez-vous conservé le billet du premier ballet que vous avez vu ?
M.K. : Malheureusement, ce billet n’a pas survécu, mais j’ai de nombreux programmes de théâtre provenant de différentes salles ainsi qu’une énorme collection d’invitations, certaines absolument uniques ! Des laissez-passer à mon nom pour les meilleures places dans les plus grands théâtres du monde — c’est extraordinaire. Chaque billet de ballet est une sorte de document historique. Venez me rendre visite un jour — je vous montrerai tout cela.
L.C. : Merci pour votre temps et votre attention ! Et pour votre amour du ballet…