Les États-Unis vont interdire l’importation de certains produits canadiens
À partir de 0 h 01, le mardi 29 septembre, certains produits d’origine canadienne ne pourront plus entrer aux États-Unis. Selon des documents de la Maison-Blanche, l’interdiction prendra effet à cette heure, heure de l’Est. Elle vise des produits figurant sur trois listes, notamment certaines boissons alcoolisées, des produits laitiers et leurs sous-produits, certains types de mélasse ainsi que des motocyclettes. Il s’agit d’une interdiction d’importation des produits visés, et non d’une hausse des droits de douane.
Washington justifie cette décision par des différends commerciaux. L’administration américaine accuse le Canada de restreindre l’accès de ses producteurs aux marchés canadiens des boissons alcoolisées et des produits laitiers. Elle évoque également un différend concernant les véhicules automobiles. C’est la position de la Maison-Blanche. De son côté, Ottawa affirme que les droits de douane américains sont à l’origine de ses mesures de rétorsion.
Cette interdiction survient après un nouvel échange de mesures tarifaires. Depuis le 8 septembre, le Canada impose des surtaxes de 15, 25 ou 50 % sur certains produits d’origine américaine. L’Agence des services frontaliers du Canada lie explicitement ces mesures aux droits de douane imposés auparavant par les États-Unis. Certains produits canadiens déjà soumis à un tarif américain de 50 % feront désormais face à une restriction plus sévère : ils ne pourront plus être importés pour être vendus. L’interdiction vise toutefois des produits précis, et non l’ensemble de la production canadienne dans ces secteurs.
Pour l’économie canadienne dans son ensemble, cette liste pourrait avoir moins de conséquences que les droits de douane de portée générale. Mais pour un fabricant, un transporteur ou un fournisseur, la perte d’une commande américaine est bien réelle. Lorsque les règles changent sans cesse, il devient plus difficile pour les entreprises de fixer leurs prix, de signer des contrats à long terme et de planifier leurs investissements.
Les habitants d’Ottawa savent à quel point les économies des deux pays voisins sont liées. De part et d’autre de la frontière, les décisions commerciales touchent les emplois et les budgets des ménages.
Selon des experts, la nouvelle liste n’est pas assez étendue pour porter, à elle seule, un coup aussi dur à l’économie canadienne que les tarifs précédents. Mais elle pourrait surtout envoyer un signal : Washington continue d’accentuer la pression commerciale sur les produits canadiens et de créer davantage d’incertitude. Or, une incertitude qui se prolonge représente déjà un coût pour les entreprises.
La guerre commerciale se poursuit. Au bout du compte, ce sont les entreprises, les travailleurs et les consommateurs des deux côtés de la frontière qui paient la facture. Aux États-Unis comme au Canada, l’incertitude entourant les tarifs met des projets en suspens, des entreprises ferment, des gens perdent leur emploi, les prix montent et l’inflation s’aggrave. Les politiciens jouent leurs jeux, tandis que les gens ordinaires en subissent les conséquences.
Quand, dans cette histoire, la politique cédera-t-elle enfin la place au fonctionnement normal de l’économie?