Montreal cycliste Grand Prix

Faisons le bilan

Par Marina Kotchetova

Les Championnats du monde de cyclisme sur route se sont terminés aujourd’hui à Montréal. Du 20 au 27 septembre, le Canada a accueilli les meilleurs cyclistes sur route de la planète. L’épreuve a réuni environ mille coureurs et coureuses dans les catégories élite, moins de 23 ans et junior, dont beaucoup venaient de l’espace post-soviétique. Parmi les pays de l’ancienne URSS représentés au Québec figuraient le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie, l’Ukraine, la Russie et le Bélarus. Les athlètes de ces deux derniers pays concouraient uniquement à titre individuel et neutre, sans symboles nationaux, drapeaux ni hymnes.

La délégation russe a dû faire face à un imprévu : de nombreux vols retardés ou reportés à l’aéroport de Vnoukovo ont empêché ses cyclistes de partir pour le Canada à temps. Ils ont ainsi manqué les premières courses du championnat, ce qui a forcément pesé sur leur moral et sur leur adaptation aux huit heures de décalage horaire. Mais mieux vaut tard que jamais. Après une série de restrictions, le simple fait de participer à une compétition de ce niveau représente une avancée.

Je suis née et j’ai grandi dans une famille de cyclistes. J’ai passé toute mon enfance et toute ma jeunesse au vélodrome, même si je n’ai jamais pratiqué ce sport moi-même. J’en connais pourtant les subtilités, de son histoire aux règles des compétitions, sans parler de mes échanges personnels avec les coureurs. Les drames du cyclisme me touchent donc particulièrement.

Pendant toute la semaine, les spectateurs montréalais ont pu suivre différentes épreuves : les contre-la-montre individuels, où les coureurs partent séparément et affrontent le chronomètre, à l’image du kilomètre contre-la-montre sur piste; les courses sur route; et le relais mixte par équipes. Les courses sur route sont généralement les plus spectaculaires. Plusieurs dizaines de concurrents prennent le départ ensemble, mais, au fil des kilomètres, le grand peloton se fragmente en petits groupes. Certains s’échappent, d’autres abandonnent avant l’arrivée.

Lors des deux dernières journées de cette semaine de championnat, les courses se sont déroulées sur le mont Royal, auquel Montréal doit son nom. Le temps de septembre a offert des impressions hautes en couleur aux spectateurs comme aux participants. À la grande joie des Canadiens, Isabella Holmgren a remporté l’argent le 24 septembre dans la course sur route féminine des moins de 23 ans. Le point culminant et dernière épreuve du championnat a été la course sur route masculine élite de 273 kilomètres, remportée à la surprise générale par l’Américain Brandon McNulty. Le Russe Aleksandr Vlasov a terminé 37e parmi plus de cent participants. Deux jours plus tôt, la Russe Aliona Michina s’était classée 39e dans la course sur route junior féminine de 80,4 kilomètres. Dans aucune discipline les coureurs de l’ancienne Union soviétique ne se sont approchés du podium. Aujourd’hui, ce sont les représentants d’autres pays qui donnent le ton.

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