Une danse de passion sur le terrain de football
Par Marina Kochetova
Le 19 juillet, l'attention du monde entier était tournée vers la finale de la Coupe du monde de football, qui a vu s'affronter deux équipes hispanophones — la sélection d'Argentine et celle d'Espagne.
Le stade MetLife à East Rutherford, aux États-Unis (New Jersey, en pratique New York), d'une capacité de plusieurs dizaines de milliers de places, n'a pas pu accueillir tous ceux qui souhaitaient assister en personne à ce match historique, malgré des prix de billets exorbitants. Plusieurs heures avant le coup d'envoi, des supporters enthousiastes venus du monde entier ont commencé à occuper les zones de fans improvisées aux abords du stade. Outre les produits dérivés du championnat, on vendait partout les traditionnels hot-dogs américains, ornés de petits drapeaux espagnols et argentins. Il faut reconnaître aux Américains leur remarquable capacité à organiser des événements aussi massifs : aucune bousculade, aucune confusion, des contrôles de sécurité rapides — tout s'est déroulé avec une grande fluidité, ce que l'on ne peut malheureusement pas dire du fonctionnement des compagnies aériennes américaines.
Pendant la pause entre la première et la deuxième mi-temps — chacune durant 45 minutes selon le règlement —, ainsi qu'avant la cérémonie de remise des prix, un spectacle d'une demi-heure était prévu avec des mégastars telles que Madonna, Shakira et Justin Bieber. Contrairement à un concert, une compétition sportive est d'une tout autre nature. Personne n'aurait pu prévoir que le temps réglementaire se terminerait sur un score de 0-0, que chaque mi-temps serait prolongée par l'arbitre (la première de six minutes, la seconde de huit minutes de temps additionnel), et qu'il faudrait ensuite deux prolongations de 15 minutes chacune. Les stars de la musique mondiale n'ont pu ni éclipser le suspense du match, ni détourner l'attention des supporters de ses rebondissements. Le premier et unique but n'a été marqué qu'à la 106e minute de la finale !
Quand l'air devient lourd et que la pluie finit par tomber, on respire enfin plus librement. Mais ici, le but marqué par un jeune Espagnol contre l'Argentine n'a fait qu'accroître la tension dans le stade. On aurait dit que l'humeur de la planète entière dépendait de l'état d'esprit combatif du moment de L. Messi, le capitaine légendaire de la sélection argentine. Ah, comme elle est difficile, la vie des footballeurs professionnels ! Quel poids de responsabilité pèse sur les épaules de ceux que l'on considère comme favoris et qui se doivent, par un jeu irréprochable, de rendre le monde entier heureux. Malgré toute sa grandeur, Messi n'est pas un robot, mais un être humain bien vivant...
Beaucoup ont pleuré avec lui à la fin du match. Pourtant, le remarquable Argentin et son équipe, tout au long de cette finale extrêmement éprouvante, ont dansé avec grâce le tango argentin du football, avec ses pas inimitables, son mouvement, son improvisation, son équilibre. L'équipe d'Espagne a livré une performance magnifique, remportant le titre de championne du monde pour la deuxième fois de son histoire. Et les nombreux supporters, témoins de ces passions footballistiques intenses, ont reçu la part du lion de la positivité que procure cette grande fête du football mondial !