coLes Arméniens du Canada : la grande histoire d'une petite mmunauté

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Nous inaugurons notre nouvelle rubrique, « Les communautés du Canada », par un article consacré aux Arméniens — un peuple à la culture millénaire, à l'histoire riche et doté d'une remarquable capacité à préserver son identité loin de sa terre ancestrale.

(Note de la rédaction)

On considère que Garabed Nergararayan, arrivé à Port Hope en 1887, fut le premier Arménien à s'établir en Ontario. Au fil du temps, des communautés arméniennes se sont formées à Montréal, Toronto, Hamilton, Ottawa et dans d'autres villes du pays.

Selon le recensement de 2021, 68 850 résidents du Canada ont déclaré être d'origine arménienne, bien que les estimations communautaires soient nettement plus élevées.

Derrière ces chiffres se cachent des milliers de destins individuels. Des personnes qui ont commencé une nouvelle vie dans un pays lointain sans oublier leurs origines. Elles ont fondé des familles, créé des entreprises, bâti des carrières, établi des écoles, des églises et des centres culturels, tout en s'intégrant pleinement à la société canadienne.

Traditionnellement, les églises ont été non seulement des lieux spirituels, mais également des centres culturels de la vie arménienne. À Toronto, l'église apostolique arménienne Sainte-Marie est active depuis 1983. Dans la région de la capitale nationale, la communauté se rassemble autour de l'église arménienne Saint-Mesrop, dont la paroisse a été fondée en 1978. On y organise des offices religieux, des cérémonies commémoratives, des rencontres communautaires et des activités culturelles.

Les khatchkars — des croix de pierre finement sculptées — occupent une place particulière dans la mémoire collective arménienne. Installés près des églises et des centres communautaires arméniens du Canada, ils rappellent les pages tragiques de l'histoire tout en symbolisant la capacité de la mémoire, de la culture et de l'espoir à traverser les générations.

Le 21 septembre, jour de l'indépendance de l'Arménie, demeure également une date hautement symbolique pour la communauté arménienne.

Mais l'histoire des Arméniens au Canada ne se limite pas à la préservation du passé. C'est aussi celle de personnes qui, grâce à leur talent, ont contribué à façonner le présent.

Yousuf Karsh, qui avait ouvert son studio de photographie à Ottawa, est devenu l'un des portraitistes les plus célèbres du XXe siècle. Son portrait de Winston Churchill, réalisé au Parlement en 1941, est entré dans l'histoire mondiale de la photographie.

Son frère, Malak Karsh, s'est fait connaître grâce à ses photographies des paysages canadiens et a été l'un des inspirateurs du Festival canadien des tulipes.

Parmi les Canadiens d'origine arménienne les plus connus figurent également le cinéaste Atom Egoyan, la chanteuse d'opéra Isabel Bayrakdarian, le musicien et chanteur pour enfants Raffi Cavoukian, ainsi qu'Ann Cavoukian, ancienne commissaire à l'information et à la protection de la vie privée de l'Ontario, qui a élaboré le concept de « Privacy by Design » (protection de la vie privée dès la conception), reconnu à l'échelle internationale.

Et cette histoire se poursuit aujourd'hui.

À Ottawa, la communauté arménienne continue de se développer, de lancer de nouveaux projets et de participer à la vie culturelle et intellectuelle de la ville. Des équipes arméniennes prennent part à des compétitions de connaissances générales et à des quiz musicaux, tandis que des membres de la communauté créent de nouvelles entreprises et contribuent à la vie quotidienne de la capitale.

Même le restaurant Yan's, situé dans le marché ByWard et ouvert par Armen et Gohar en 2025, est devenu un autre petit exemple de la manière dont une culture peut s'exprimer dans la vie de tous les jours — à travers la cuisine, l'hospitalité et les échanges humains.

Le lien entre l'Arménie et sa diaspora dépasse largement l'histoire, la culture ou la langue communes.

C'est un lien entre les générations.

Ce sont les histoires racontées par les grands-mères, les photographies de famille, la langue arménienne qui résonne dans les foyers loin de la patrie, les chansons transmises aux enfants et le désir de les emmener un jour en Arménie pour leur dire : « Voilà d'où nous venons. »

C'est peut-être là que réside la force particulière de la diaspora.

Préserver ses racines ne signifie pas vivre dans le passé. On peut se souvenir de la langue et des traditions de ses ancêtres, entretenir la mémoire familiale et, en même temps, participer de tout cœur à la vie du pays qui est devenu le sien.

C'est pourquoi le lien entre l'Arménie et sa diaspora est avant tout un lien humain.

Il se manifeste dans les familles, les amitiés, les rencontres, l'intérêt des jeunes pour leurs origines et la volonté de transmettre aux générations futures non seulement des souvenirs, mais aussi un sentiment d'appartenance.

La communauté arménienne du Canada préserve soigneusement son histoire, tout en demeurant une composante ouverte et active d'un pays multiculturel.

Et c'est précisément à partir de telles histoires — de langues, de cultures, de parcours humains et de traditions différents — que se construit le Canada moderne : un pays dont la force ne réside pas dans l'uniformité, mais dans la diversité, le respect mutuel et les liens humains.

Car la distance peut séparer les pays, mais elle ne devrait jamais séparer les êtres humains.

Et tout pont entre les cultures commence par un simple désir humain : celui de mieux se connaître.

Nune Zohrabyan 

Présidente de NUR Heritage

 nune@nurheritage.org 

416-832-6336

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