Балерина с блинами

Le “petit crêpes” du ballet pour la Maslenitsa
Autrice : Marina Kochetova

Et voilà que la Maslenitsa est arrivée, avec ses rites éclatants, ses farces joyeuses et ses montagnes de blinis… Cette année, elle est précoce. Dans l’ancienne Rus’, cette fête était depuis longtemps liée au réveil de la nature après le sommeil hivernal. Quant au beurre, il y était considéré comme un symbole d’abondance. Par leurs rituels, les Slaves appelaient une récolte généreuse et, pour ainsi dire, « graissaient » le chemin du printemps. Le retour du soleil se célèbre bruyamment, dans la joie, et pendant longtemps. Toute la semaine, on cuit des blinis—de petits soleils—pour se régaler soi-même et en offrir aux amis.

Le point culminant de la fête est le Dimanche du Pardon (cette année, il tombe le 22 février). Le dernier jour, à la veille du Grand Carême, la tradition veut qu’on termine tout ce qui reste sur la table de fête, qu’on aille обязательно au bain (banya) et qu’on se demande mutuellement pardon. C’est ainsi que cela se faisait en Rus’. En Biélorussie et en Ukraine aussi, on accompagne l’hiver vers la sortie. En Moldavie, en revanche, on ne parle pas d’adieux à l’hiver mais d’accueil du printemps. Mais l’essentiel est le même.

Mais qu’en est-il des artistes du ballet ? Les blinis sont-ils permis aux ballerines ? Ou bien le régime strict des danseuses de ballet n’autorise-t-il pas la farine, même pendant la Maslenitsa ?

Le fait que beaucoup de gens du ballet suivent un régime sévère n’est pas un mythe. Cela dépend beaucoup de la constitution du corps et du rythme de travail. Certaines ballerines, qui ne sont pas naturellement enclines à prendre du poids, ne suivent aucun régime : elles mangent assez riche et gardent pourtant la forme nécessaire. Avec un bon métabolisme et une approche raisonnable de l’alimentation, même les ballerines de « très haut niveau » peuvent toujours se permettre de manger ce qu’elles veulent, et quand elles le veulent. Bien sûr, il existe aussi une autre catégorie de danseuses : celles qui, de nature, ont une ossature large ou « lourde ». Et chez certaines, il y a une prédisposition héréditaire à l’embonpoint. Ce sont elles qui s’imposent des régimes extrêmement stricts, malgré de lourdes charges physiques, et ne peuvent rien s’autoriser de farineux—même à la Maslenitsa !

Dans le vocabulaire du ballet, on trouve un terme insolite : le « petit blini du ballet ». De quel élément s’agit-il ? Si vous avez déjà assisté à des spectacles, vous avez peut-être remarqué une ballerine qui tourne sur deux pieds (en déplacement) en diagonale, en cercle ou en ligne droite, avec un petit saut. Visuellement, cette rotation напоминает l’enroulement d’un blini. Officiellement, on l’appelle justement le « petit blini du ballet ».

Tout comme autrefois on buvait le thé—certains « en croquant », d’autres « en regardant »—ainsi, les blinis, figurez-vous, peuvent aussi se déguster, au sens figuré…

Je fais des blinis très rarement. Mais lorsque j’en fais, en enroulant la garniture, je pense toujours au ballet. Les ballerines aussi font des blinis. Alors on peut dire sans hésiter : les artistes du ballet, contrairement à tous les autres, savent faire des blinis avec les mains… et avec les pieds !

Je vous souhaite une Maslenitsa délicieuse !