Ottawa attend des réponses : quels programmes fédéraux seront touchés par les compressions
Le gouvernement fédéral affirme qu’il dévoilera dans les prochains jours quels programmes et ministères seront touchés par les compressions dans la fonction publique. Le secrétaire du Conseil du Trésor, Bill Matthews, l’a déclaré le 10 mars lors d’une réunion d’un comité parlementaire. Pour Ottawa, la question est particulièrement sensible : une part importante des fonctionnaires fédéraux y travaille, mais les autorités n’ont toujours pas fourni de répartition précise par région, y compris pour la région de la capitale nationale.
Les documents clés sont les plans ministériels — des rapports annuels dans lesquels les ministères et organismes présentent leurs priorités, leurs programmes et leurs besoins en ressources. Cette année, ils revêtent une importance particulière, car ils devraient montrer comment l’« examen complet des dépenses » affectera plus de 100 organisations fédérales. Le Budget principal des dépenses 2026-2027, déjà déposé, prévoit 502,8 milliards de dollars en dépenses budgétaires, mais les plans ministériels devraient offrir un portrait beaucoup plus précis des économies visées et des réductions d’effectifs.
L’ampleur de l’examen est considérable. Ottawa veut ramener la taille de la fonction publique fédérale à environ 330 000 employés, contre près de 368 000 à son sommet de 2023-2024. Les données officielles montrent que la fonction publique avait déjà diminué d’environ 9 800 postes en 2024-2025, et le gouvernement affirme que les prochaines réductions devraient surtout se faire par attrition, départs volontaires et retraites anticipées.
Les syndicats, dont l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada, réclament davantage de transparence. Ils avertissent que derrière le discours sur « l’efficacité » pourraient se cacher des baisses bien réelles des services aux citoyens — de l’analyse des politiques aux services gouvernementaux du quotidien.