Il y a encore de la poudre dans les poudrières

Par Marina Kochetova

Vendredi dernier, le 5 juin, l’Université d’Ottawa a accueilli avec succès une soirée consacrée au 10e anniversaire du TOLK, le Club littéraire créatif d’Ottawa. Cette rencontre poétique et musicale a notamment réuni et mis en vedette le membre le plus âgé du club, dont le nom est bien connu à Montréal et à Ottawa, non seulement grâce à ses recueils de poésie. Il s’agit de Boris Volfovich.

Après avoir célébré son 90e anniversaire en février, Boris Ossipovitch continue de mener une vie active et ne cesse de surprendre son entourage par de nouvelles créations dans divers domaines. Artisan de talent, il est un maître dans l’art de créer des panneaux et des tableaux à partir d’écorce de bouleau, une pratique plutôt rare au Canada. Pour cela, il ne suffit pas d’imaginer un sujet et de l’exprimer sans mots, comme en poésie. Il faut d’abord trouver la matière première, l’écorce de bouleau, puis la préparer avec soin. Ainsi, toutes les forêts de bouleaux de notre ville et de ses environs semblent être devenues ses amies.

Lors de ses promenades dans la nature, il ne se contente pas de respirer l’air frais et de brûler quelques calories : il recherche également des idées pour ses futurs projets créatifs, convaincu que leur abondance contribue à prolonger la vie.

Malgré son âge respectable, cet artiste refuse de s’arrêter en si bon chemin. Pourquoi continuer à développer son sens de l’observation ? Ne pourrait-il pas simplement admirer les paysages qui changent au fil des saisons ? Beaucoup le feraient probablement. Mais pour Boris, ce serait trop facile. Il aime se lancer des défis et vérifier s’il y a encore « de la poudre dans les poudrières ».

Dès les premières étapes d’un nouveau projet, il cherche à entrer en contact avec l’âme d’autrui. Et selon lui, les âmes appartiennent non seulement aux êtres humains, mais aussi aux animaux, aux plantes et même aux pierres.

Les œuvres de cet artiste sont autant de tentatives délicates de comprendre les autres et de transformer l’inconnu en quelque chose de proche et de familier. Il y parvient parce qu’il voit et pense autrement, parce qu’il reste profondément sensible à ce qui l’entoure. Il sait écouter et entendre. C’est peut-être pour cette raison que jeunes et moins jeunes viennent régulièrement lui rendre visite. Ils viennent non seulement découvrir ses nouvelles œuvres dans son atelier aménagé dans le garage de sa maison en rangée, mais aussi discuter de tout et de rien, s’installer dans sa cuisine chaleureuse, écouter ses nouveaux poèmes lus par l’auteur lui-même et savourer les dernières anecdotes d’actualité qu’il invente avec humour.

La vie continue donc de plus belle.

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